{"id":3553,"date":"2024-12-12T16:12:07","date_gmt":"2024-12-12T16:12:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/?page_id=3553"},"modified":"2024-12-12T16:54:03","modified_gmt":"2024-12-12T16:54:03","slug":"press","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/?page_id=3553","title":{"rendered":"[ PRESS libe ]"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Anna Solal au Frac Occitanie, gardienne&nbsp;de&nbsp;rebut<\/h1>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/download-1.png\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/download-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3567\" width=\"201\" height=\"74\" srcset=\"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/download-1.png 370w, https:\/\/www.annasolal.com\/index\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/download-1-300x110.png 300w\" sizes=\"(max-width: 201px) 100vw, 201px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Dans la derni\u00e8re salle de l\u2019exposition d\u2019Anna Solal, deux saintes se regardent en chien de fa\u00efence. L\u2019une revenue du lointain Moyen Age passa sa vie alit\u00e9e apr\u00e8s un accident de patinage, alternant les phases d\u2019extase et d\u2019abattement, dou\u00e9e tant\u00f4t d\u2019une grande beaut\u00e9, afflig\u00e9e parfois d\u2019une laideur insoutenable qui la faisait ressembler \u00e0 une sardine s\u00e9ch\u00e9e.<em>&nbsp;\u00abFigure hardcore du catholicisme\u00bb&nbsp;<\/em>d\u00e9couverte dans un livre de&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/livres\/2017\/07\/29\/joris-karl-huysmans-en-voila-tenez-une-sale-invention-que-le-telephone_1585324\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Huysmans<\/a>&nbsp;(dont le p\u00e8re de Solal est un grand sp\u00e9cialiste), sainte Lydwine de Schiedam s\u2019offre \u00e0 nous en position de gisant, dessin\u00e9e avec la douceur du crayon de couleur mais perfor\u00e9e de pommeaux de douche \u2013 repr\u00e9sentation sobre de la douleur selon Anna Solal qui, pour des raisons personnelles, en conna\u00eet un rayon sur le sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre, ic\u00f4ne autosacrificielle des temps modernes, a fait des r\u00e9seaux sociaux son royaume. Elle s\u2019appelle&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/arts\/2016\/11\/11\/art-amalia-ulman-avide-d-avatars_1527827\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Amalia Ulman<\/a>&nbsp;et s\u2019est impos\u00e9e dans le monde de l\u2019art il y a dix ans en pr\u00e9sentant une performance en trois actes visible sur Instagram, dupant au passage sa communaut\u00e9 de followers.<em>&nbsp;\u00abElle poursuit le geste warholien et pousse plus loin encore cet enfer de la marchandisation en en faisant un truc mignon, mais son sanglot me semble r\u00e9el\u00bb,<\/em>&nbsp;commente sa contemporaine, figure du post-internet comme elle \u2013 m\u00eame si Anna Solal en propose une approche plus habit\u00e9e. Au centre du tableau qu\u2019elle consacre \u00e0 sa cons\u0153ur, la&nbsp;<em>it girl&nbsp;<\/em>de l\u2019art contemporain appara\u00eet ici en version r\u00e9actualis\u00e9e et cucuifi\u00e9e de&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/culture\/arts\/art-contemporain\/just-stop-oil-la-jeune-fille-a-la-perle-de-vermeer-se-fait-coller-20221027_XMIONP3ICBFT3NIJQ6FN2KLNSA\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la<em>&nbsp;Jeune fille \u00e0 la perle,<\/em><\/a>une culotte sur la t\u00eate, \u00e9blouie par le flash d\u2019un selfie pris dans un miroir. En bas de la toile, on remarque une frise temporelle rouge autour de laquelle s\u2019est enroul\u00e9 un serpent et un pr\u00e9nom (biblique) presque effac\u00e9, Magdalena, inspir\u00e9<em>&nbsp;\u00abdes captcha qui certifient notre humanit\u00e9\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Tests de Rorschach<\/h2>\n\n\n\n<p>N\u00e9e en 1988, pass\u00e9e par l\u2019\u00e9cole d\u2019art La Cambre \u00e0 Bruxelles, Anna Solal s\u2019est fait conna\u00eetre en redonnant vie \u00e0 des objets sans qualit\u00e9 r\u00e9colt\u00e9s dans la grande poubelle de la surconsommation et de la fast fashion. Ecrans d\u2019iPad bris\u00e9s, semelles de baskets, cha\u00eenes de v\u00e9lo, rebuts \u00e9lectrom\u00e9nagers, barrettes bon march\u00e9, qu\u2019elle recoud \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une dentelli\u00e8re. Ces&nbsp;<em>\u00abobjets pauvres que j\u2019essaie de r\u00e9ifier\u00bb&nbsp;<\/em>se tiennent prudemment loin de l\u2019id\u00e9e en vogue de r\u00e9paration, rapt\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es par les th\u00e9oriciens et les activistes du d\u00e9colonial. Ici, ils viennent surtout s\u2019\u00e9toiler dans des \u0153uvres murales qui font penser \u00e0 des mandalas color\u00e9s, patients ouvrages de r\u00e9clusion dont la sym\u00e9trie \u00e9voque les tests de Rorschach et les obsessions de l\u2019art brut.<\/p>\n\n\n\n<p>A Montpellier, Anna Solal pr\u00e9sente \u00e9galement des tableaux plus r\u00e9cents et plus complexes encore : de grandes fresques qui combinent fonds peints, collages et dessins figuratifs (sc\u00e8nes de bastons et de banlieue, aussi bien que natures mortes \u00e0 la confiture de figues). Ces composites cyborg, augment\u00e9s d\u2019objets rebuts chin\u00e9s et recousus, peuvent, \u00e0 raison, se contenter d\u2019un sage accrochage lin\u00e9aire tant chacune de ces fen\u00eatres (ou de ces fen\u00eatres dans des \u00e9crans, si l\u2019on songe que les tableaux d\u2019Anna Solal sont comme des \u00e9crans d\u2019ordinateurs satur\u00e9s d\u2019onglets tous ouverts en m\u00eame temps) est un monde en soi et fourmille de d\u00e9tails.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Tragiques emballages de sucettes<\/h2>\n\n\n\n<p>Rentr\u00e9e de Bangkok il y a trois mois, d\u2019o\u00f9 elle a rapport\u00e9 d\u2019autres mat\u00e9riaux mondialis\u00e9s \u2013 collect\u00e9s l\u00e0-bas comme elle aurait pu le faire en banlieue parisienne \u2013, Anna Solal a auparavant pass\u00e9 un an \u00e0 la Villa M\u00e9dicis, profitant des volumes de l\u2019atelier d\u2019Ingres et moins qu\u2019elle ne l\u2019aurait voulu de la vie romaine, en raison d\u2019un long sevrage qui l\u2019a laiss\u00e9e KO. Avec sa voix puissante, elle \u00e9gr\u00e8ne les noms des pairs, proches ou lointains, avec lesquels elle fraye de longue date. Certains sont inattendus, loin de son univers plus baroque : le photographe am\u00e9ricain Walker Evans par exemple, qui tira le portrait de l\u2019Am\u00e9rique durant la Grande D\u00e9pression, ou l\u2019\u00e9crivain Jean Genet dont Anna Solal admire le&nbsp;<em>Journal du voleur.&nbsp;<\/em>Avec eux, Anna Solal partage un m\u00eame go\u00fbt pour les d\u00e9class\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre r\u00e9f\u00e9rence centrale, c\u2019est&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/livres\/2008\/02\/28\/ernst-junger-de-la-tranchee-aux-demons_66069\/\" target=\"_blank\">Ernst J\u00fcnger<\/a>, personnage pour le moins controvers\u00e9 mais dont la pens\u00e9e \u00e9colo avant l\u2019heure l\u2019a touch\u00e9e. Surtout, avec sa mani\u00e8re de ciseler le paysage, \u00ab<em>il a des visions plastiques tr\u00e8s contemporaines, le rouge, les l\u00e9zards qui font des hi\u00e9roglyphes, les abeilles de verre<\/em>\u00bb estime Anna Solal qui en a int\u00e9gr\u00e9 dans ses tableaux. Comme, encore, ce \u00ab<em>charnier de mains<\/em>\u00bb tout droit sorti de&nbsp;<em>Sur les falaises de marbre,&nbsp;<\/em>puissante all\u00e9gorie qui annon\u00e7ait l\u2019av\u00e8nement de la barbarie nazie, mais qu\u2019Anna Solal vient ici rehausser d\u2019inoffensives mais non moins tragiques emballages de sucettes Chupa Chups. Les marques commerciales, venues envahir notre paysage visuel et notre imaginaire collectif, sont tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans le travail d\u2019Anna Solal : mani\u00e8re de signifier, comme le faisait un contemporain de J\u00fcnger \u00e9galement allemand, Victor Klemperer,&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/chroniques\/2019\/10\/08\/victor-klemperer-decrypteur-de-la-langue-totalitaire_1756289\/\" target=\"_blank\">qui racontait comment le nazisme s\u2019\u00e9tait infiltr\u00e9 jusque dans la langue<\/a>, que la novlangue capitaliste est en train de nous bouffer de l\u2019int\u00e9rieur. <\/p>\n\n\n\n<p>Claire Moul\u00e8ne<strong>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014-\u2605\u2605\u2605\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/strong><strong>26\/09\/2024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading has-small-font-size\"><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anna Solal au Frac Occitanie, gardienne&nbsp;de&nbsp;rebut Dans la derni\u00e8re salle de l\u2019exposition d\u2019Anna Solal, deux saintes se regardent en chien de fa\u00efence. L\u2019une revenue du lointain Moyen Age passa sa vie alit\u00e9e apr\u00e8s un accident de patinage, alternant les phases d\u2019extase et d\u2019abattement, dou\u00e9e tant\u00f4t d\u2019une grande beaut\u00e9, afflig\u00e9e parfois d\u2019une laideur insoutenable qui la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/3553"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3553"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/3553\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3584,"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/3553\/revisions\/3584"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.annasolal.com\/index\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}